3/ Une poupée pas comme les autres
Mily a le visage peint. Son seul marquage est sur la nuque : « GéGé ». Beaucoup lui trouvent l'air
vaguement asiatique, d'autres, une allure un peu farouche (peut-être parce qu'elle regarde de face ?),
quoique sa bouche soit légèrement souriante ; peu maquillée (à peine un trait sur l'œil et le rouge très
doux de la bouche), le regard énigmatique, elle accroche l'attention. Comme beaucoup de poupées
GéGé, Mily n'est absolument pas consensuelle. Si elle plaisait, c'était par son élégance et son bon goût ;
non pas par un charme racoleur et passe-partout. Chez Mily comme ailleurs, la griffe très personnelle de
Juliette Giroud est évidente. L'originalité de cette poupée était un procédé breveté : son bassin s'ouvrait
comme une coupe et le buste, terminé par une boule, venait s'y emboîter ; il pouvait alors pivoter dans
tous les sens, permettant à Mily des postures déliées du plus bel effet. Les jambes de la poupée furent
raides jusqu'en 1967 ; dans le pied cambré, un orifice permettait la fixation sur l'aiguille fichée dans le
support en plexiglas. Ensuite, les jambes furent pliantes. Au début, ses cheveux furent plutôt courts, en
grosses boucles ; ils s'allongèrent et se raidirent, après 1967, souvent coiffés en queue de cheval. De
nombreuses teintes étaient disponibles et différentes textures utilisées.
Dans une première époque, Mily fut vendue dans une boîte blanche, parfois dotée d'un couvercle
transparent, formant vitrine, sous celui en carton. Son médaillon (une photo) y figurait. Elle était revêtue
d'un slip, d'un soutien gorge et d'un jupon et portrait une paire de mules. Certaines poupées étaient
vendues déjà habillées. Mily arborait au poignet le médaillon de cire, frappé « GéGé », qui fermait le
bracelet en ruban. Par la suite, Mily fut proposée dans une boîte beaucoup plus volumineuse, aux
couleurs très vives, dans laquelle Dolly et Minichou se virent également proposées, et reproduisant plus
ou moins les teintes de l'arc-en-ciel. Mily porta alors une combinaison de jersey aux couleurs vives, à col
roulé, à manches longues et à larges pattes d'éléphant. On y trouvait, cousu, le logo de la firme ; d'abord,
en plastique rouge, puis doré.
Quelques éditions spéciales de Mily furent publiées, notamment à l'occasion des Jeux olympiques ; il est
probable, également, que quelques versions folkloriques furent confectionnées.
Le marketing puissant de Mattel aura raison de Mily, qui, à partir de 1976, ne sera plus fabriquée. Il faut se
souvenir que le nombre de modèles produits par la firme américaine, et leur variété, est pléthorique.
Aujourd'hui, aux côtés des mannequins Caprice et Sophie, Mily est tout un symbole hexagonal, qui en fait
une poupée particulièrement recherchée aux Etats-Unis. En d'autres termes, Mily était la une poupée
idéale pour les petites françaises, une poupée qui conjuguait « Grâce, chic, élégance ».